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Œuvres Augustin d'Hippone (354-430) De peccatorum meritis et remissione et de baptismo paruulorum Du mérite et de la rémission des péchés et du baptême des petits enfants
LIVRE DEUXIÈME. TOUS LES HOMMES SONT PÉCHEURS.
CHAPITRE XVII. TROISIÈME QUESTION : POURQUOI, DANS CETTE VIE, PERSONNE N'EST-IL SANS PÉCHÉ ?

26.

Abordons maintenant notre troisième question. Dieu voulant aider par sa grâce la volonté humaine, l'homme, avons-nous dit, peut être sans péché pendant cette vie. Pourquoi donc, par le fait, n'en est-il pas ainsi ? — Je pourrai très-facilement et en toute vérité répondre : C'est que les hommes ne le veulent pas. Mais si l'on demande pourquoi ils ne veulent pas, la réponse nous entraîne dans une longue explication. Sans préjudice d'un examen plus approfondi, j'en donnerai la raison en peu de mots.

Les hommes ne veulent pas faire telle oeuvre juste, soit parce qu'ils n'aperçoivent pas qu'elle est juste, soit parce qu'elle ne leur inspire aucun attrait. En effet, notre volonté se porte avec d'autant plus de vivacité vers une chose, que la bonté de cette chose nous est plus certainement connue, et que son attrait nous délecte avec plus d'ardeur. L'ignorance et la faiblesse, voilà les vices qui empêchent la volonté de s'ébranler pour faire une bonne oeuvre ou pour s'abstenir d'une mauvaise action.

Maintenant, comment nous viendra la connaissance de tel bien caché, comme aussi l'attrait d'une oeuvre qui rie nous délectait aucunement ? Ce privilège est réservé à la grâce de Dieu, qui vient eu aide aux volontés humaines. Et. pourquoi les hommes ne sont-ils point toujours aidés ? La cause en est uniquement en eux-mêmes, et non pas en Dieu ; soit qu'il leur arrive d'être prédestinés à la damnation à raison de leur injuste orgueil; soit qu'ils doivent, malgré leur orgueil, être jugés favorablement et instruits de leur devoir; s'ils sont les enfants de la miséricorde. De là cette première parole de Jérémie : « Je sais, Seigneur, que la voie de l'homme ne dépend pas de lui, qu'il ne lui appartient pas de marcher et de diriger ses pas » ; et cette autre parole aussi qu'il ajoute immédiatement : « Corrigez-moi, Seigneur ; mais cependant que ce soit dans votre justice, et non pas dans votre fureur1 » : comme s'il disait : Je sais que c'est pour ma correction encore que vous me donnez moins de secours pour diriger parfaitement mes pas; toutefois, dans cette correction même, ne me traitez pas avec cette sorte de fureur par laquelle vous avez résolu de damner les impies; mais plutôt avec cette manière adoucie de jugement par lequel vous dressez vos enfants à ne point s'enorgueillir. De là cet autre oracle de l'Ecriture : « Vos jugements me viendront en aide ».2


  1. Jérém. X, 23, 24.  ↩

  2. Ps. CXVIII, 175. ↩

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Traductions de cette œuvre
Du mérite et de la rémission des péchés et du baptême des petits enfants

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