3.
« L'évêque Aurélius dit : Qu'on lise ce qui suit. On lut que le péché d'Adam n'a nui qu'à son auteur et non pas au genre humain. Après cette lecture, Célestius ajouta : J'ai dit que je doutais de la transmission du péché, sauf toutefois à me ranger de l'avis de celui qui me paraîtra avoir reçu de Dieu la grâce de mieux connaître la question; et, en effet, j'ai entendu bien des choses contradictoires sur ce point de la part de prêtres catholiques. Le diacre Paulin répondit : Déclinez le nom de ces prêtres. Célestius répliqua : Le saint prêtre Rufin de Rome, lequel demeura avec saint Pammachius; je lui ai entendu dire qu'il n'y a pas de transmission de péché. En est-il encore d'autres, demanda Paulin ? J'en ai entendu beaucoup d'autres, répondit Célestius. — Paulin. Donnez-nous leurs noms. — Célestius. Est-ce qu'un seul prêtre ne vous suffit pas? Un peu plus loin nous lisons encore: L'évêque Aurélius dit : Qu'on achève la lecture du libelle. On lut que les enfants, à leur naissance, sont dans le même état qu'Adam avant sa prévarication; et on continua ainsi jusqu'à la fin la lecture de ce court opuscule.
« L'évêque Aurélius dit : Célestius, est-il vrai, comme le diacre Paulin vient de l'affirmer, que vous avez enseigné que les enfants à leur naissance sont dans le même état qu'Adam avant sa prévarication ? — Célestius. Qu'il prouve ce qu'il avance; pourquoi précise-t-il, avant la prévarication ? — Paulin. Niez donc que vous ayez émis cette doctrine. Je lui laisse le choix: .
qu'il affirme que cet enseignement n'est jamais sorti de ses lèvres, ou qu'il le condamne formellement. — Célestius. J'ai dit que je le sommais de nous rendre raison de cette parole : avant la prévarication. — Paulin. Niez-vous que vous ayez émis cette doctrine? — L'évêque Aurélius. Permettez-moi de résumer cette objection : Adam « placé dans le paradis terrestre, et jusque-là destiné à ne pas mourir, est devenu sujet à la mort en punition de son péché. Paulin, est-ce là ce que vous dites ? — Paulin. Oui, c'est bien là ce que j'affirme. — Aurélius. Les enfants à baptiser sont-ils dans le même état qu'Adam avant sa prévarication; oubien, par le fait même de leur naissance, sont-ils coupables du péché originel? tel est ce point sur lequel Paulin voudrait entendre les explications de Célestins. — Paulin. Je demande s'il enseigne le péché originel ou s'il le nie. — Célestius. J'ai déjà parlé de la transmission du péché, car parmi les catholiques j'ai entendu les uns affirmer et les autres nier; je crois du reste qu'il y a ici matière à discussion et non pas à hérésie. J'ai toujours dit que les enfants ont besoin du baptême et doivent être baptisés; pourquoi m'en demande-t-il davantage ? »