21.
Ainsi donc, quoi qu'en dise Pélage, cette possibilité ne constitue qu'une seule et même racine commune au bien et au mal. Autre chose, sans doute, est la charité -racine du bien, autre chose la cupidité racine de tous les . maux; il y a entre elles toute la distance qui sépare la vertu du vice. Mais ces deux racines à leur tour reposent sur une racine qui leur est commune, la possibilité. En effet, non-seulement l'homme peut avoir la charité qui fera de lui un bon. arbre ; il peut, aussi avoir la cupidité qui fera de lui un arbre mauvais. Quant à la cupidité qui est un vice, elle a pour auteur l'homme lui-même, ou le séducteur de l'homme, mais elle n'a pas pour auteur celui qui a créé l'homme. Car cette cupidité n'est autre chose que « la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l'ambition du siècle, laquelle ne vient pas du Père, mais du monde1 ». Or, qui ne sait que, dans le langage de l'Écriture, le monde est souvent pris pour ceux qui l'habitent ?
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Jean, II, 16. ↩