6.
On dit que la tourterelle une fois séparée de celui auquel elle s'est attachée d'abord, ne s'unit plus à un autre, mais qu'elle reste veuve et refuse de contracter un second hymen pour rester fidèle à son premier époux. Femmes , apprenez comment, même chez les brutes, l'honneur de la viduité est préféré à l'indécence de plusieurs mariages. L'aigle est le plus dur des êtres pour sa postérité. Lorsqu'il a fait éclore deux petits, il précipite à terre l'un des deux, en le jetant dehors d’un coup de ses ailes : il ne reconnaît que celui qui reste. Il renonce à son propre fruit par la difficulté de l'élever1. Mais l’orfraie, dit-on , ne le laisse point périr , il le reçoit lorsqu'il tombe, et l'élève avec ses petits. lis ressemblent à l'aigle ces pères qui, sous prétexte de pauvreté, exposent leurs enfants, ou qui sont trop injustes dans le partage de leurs biens. C'est une justice , sans doute, qu'ayant également donné le jour à chacun, ils leur fournissent également à tous les moyens de ivre. N'imitez pas la cruauté des oiseaux de proie, qui, dès qu'ils voient leurs petits s'essayer à voler , les chassent du nid, en les frappant et les poussant avec leurs ailes, et ne prennent plus d'eux aucun soin. Il faut louer 1'amour de la corneille pour ses petits ; elle les suit lorsqu'ils volent déjà, les entretient et les nourrit le plus longtemps qu'elle peut. Plusieurs espèces d'oiseaux l'ont pas besoin, pour concevoir, de l'union avec les milles ; mais tandis que les oeufs des autres sont stériles si cette union n'a précédé, on prétend que les vautours engendrent ordinairement sans elle2; et cela, quoiqu'ils vivent fort longtemps, et que souvent leur vie s'étende au-delà de cent années. Je vous exhorte à bien remarquer ce fait dans 1ihistoire des oiseaux, afin que, lorsque vous verrez des hommes qui se rient d'un de nos mystères, comme s'il était impossible et nullement naturel qu'une vierge enfante sa virginité restant toujours intacte, vous pensiez que celui qui a voulu sauver les fidèles par la folie de la prédication, nous a ménagé dans la nature mille moyens de croire des mystères surprenants.
Saint Ambroise , dans son hexaëméron, contredit ce fait rapporte par Aristote et appuyé par d'autres naturalistes Au reste , quoiqu'il puisse être vrai que l'aigle quelquefois rejette un ou plusieurs de ses petits , les observateurs cependant ont trouvé jusqu'a trois aiglons dans l'aire de cet oiseau. ↩
Je ne crois pas qu'aucune histoire naturelle moderne confirme le fait que saint Basile rapporte d'après l'autorité d’Elien. ↩
