7.
Le psaume soixante-dix-neuvième porte, comme le quarantième et le soixante-huitième, ce titre : « Pour ce qui doit être changé ». Entre autres passages, on y lit celui-ci : « Regardez du haut du ciel, et voyez, et visitez cette vigne : donnez la perfection à celle que votre droite a plantée, et jetez les yeux sur le Fils de l'homme, que vous avez affermi pour vous ». Cette vigne est évidemment celle dont il est dit : « Vous avez transporté votre vigne de l'Egypte » ; car le Christ n'a point planté une vigne autre que celle-là, mais en venant sur la terre, il l'a changée et rendue plus parfaite. C'est pourquoi on lit aussi dans l'Evangile : « Il fera périr misérablement ces méchants, et il louera sa vigne à d'autres vignerons1 ». En effet, l'Evangéliste ne dit pas : Il l'arrachera et en plantera une autre, mais : Il louera cette même vigne à d'autres vignerons. La cité de Dieu se compose de la société des saints ; c'est la réunion des enfants de la promesse : ils disparaissent tour à tour emportés par la mort, mais leur passage successif ici-bas la conduira à sa perfection, et, à la fin des siècles, elle recevra en même temps, dans chacun d'eux, l'immortalité que le Seigneur lui réserve. Dans un autre passage, la cité de Dieu nous est représentée, d'une manière différente, sous l'emblème d'un olivier fertile, et le Psalmiste lui prête ce langage : « Pour moi, je serai dans la maison du Seigneur comme un olivier qui porte du fruit, parce que j'ai mis toute mon espérance dans la miséricorde de Dieu pour l'éternité, et pour tous les siècles des siècles2 ». Si des rameaux infidèles, orgueilleux, et, par là même, stériles, ont été arrachés du tronc pour permettre à l'olivier sauvage, c'est-à-dire aux Gentils, d'y être greffé à leur place, ce n'est point une raison pour que la racine de l'arbre, c'est-à-dire des patriarches et des prophètes, ait pu se dessécher ; « parce que », dit Isaïe, « quand le nombre des enfants d'Israël égalerait celui des grains de sable, de la mer, un petit reste sera sauvé3 », mais par celui dont il est dit une première fois : « Et sur le Fils de l'homme que vous avez affermi pour vous » ; et, une seconde fois : « Que votre main s'étende sur l'homme de votre droite et sur le Fils de l'homme que vous avez affermi pour vous, et nous ne nous éloignerons plus de vous ». Ce Fils de l'homme, qui est Jésus-Christ, rend parfaite la vigne sainte, en y adjoignant son petit reste, les, Apôtres, et les autres hommes d'entre les Israélites, qui ont cru, en grand nombre, au Christ-Dieu, puis la plénitude des nations : il a écarté les anciens rites, leur en a substitué de nouveaux, et ainsi se trouve vérifié le titre de ce psaume : « Pour ce qui doit être changé ».
