5.
Ceux qui passent les bornes emploient les paroles de l’Ecriture pour soutenir la science astrologique ; ils disent que notre vie dépend du mouvement des cieux, et qu'en conséquence les devins tirent, des astres , des pronostics pour ce qui doit nous arriver. Ces paroles fort simples de l’Ecriture, qu'ils servent de signes, ils les entendent, non des vicissitudes dans l'air, ni des révolutions dans le temps ; mais ils les appliquent , d'après leur opinion, au sort destiné à tous les hommes. Que disent-ils donc ? sans doute que le rapport de telles planètes avec les astres du zodiaque, que tel concours entre eux produit telle naissance ; que de tel autre rapport et concours résulte une destinée contraire. Il n'est peut-être pas inutile de reprendre les choses d'un peu haut et de nous expliquer clairement. Je ne dirai rien de moi , mais je nie servirai de leurs propres paroles pour les confondre. Je tâcherai de guérir ceux qui sont déjà prévenus de ces opinions dangereuses, et de prémunir les autres contre de pareilles erreurs.
Les inventeurs de l'astrologie ayant remarqué que beaucoup de rapports leur échappaient dans l'espace du temps , font divisé le plus qu'il leur a été possible, en petites portions, selon ce que dit l'Apôtre, en un moment, en un clin-d'oeil (1. Cor. 15. 52. ) , parce qu'il y a une grande différence entre telle naissance et telle autre. Ils ont prétendu que celui qui était né dans tel instant indivisible, devait commander les villes et les peuples, être distingué pas ses richesses et par sa puissance ; que celui qui était né dans tel autre instant, devait mendier sa vie, errer de ville en ville, aller de porte en porte pour chercher sa nourriture journalière. En conséquence, ils ont divisé en douze parties le cercle du zodiaque, parce que le soleil emploie trente jours à parcourir ion douzième de ce cercle. Ils ont divisé chaque douzième en trentièmes, chaque trentième en soixantièmes, et ces soixantièmes en d'autres soixantièmes encore. Considérons les naissances de ceux qui viennent au monde, et voyons si les tireurs d’horoscopes pourront observer cette exactitude de la division du temps. Dès qu'un enfant est né , on examine si c'est un mâle ou une femelle : ensuite on attend ses cris pour savoir s'il est vivant. Combien voulez-vous que dans ce temps il s'écoule de soixantièmes ? On dit au devin l'enfant qui est né. Combien pour cela faudra-t-il de petites portions dune heure , surtout si le tireur d'horoscopes n'est point dans la chambre de la mère ? Il faut qu'il marque précisément le temps, soit que ce soit pendant le jour ou pendant la nuit. Combien ne se passera-t-il pas encore de soixantièmes ? Il est indispensable qu'il trouve , non-seulement à quelle douzième partie du zodiaque, mais à quelle soixantième, à quelle soixantième de soixantième répond l'astre de la naissance, pour savoir quel rapport il avait avec les étoiles fixes, en quel concours elles étaient ensemble au moment où l'enfant est né. Si donc il est impossible de rencontrer l'instant précis , et si la moindre différence fait manquer le tout, ne doit-on pas également se moquer, et de ceux qui s occupent de cette science chimérique, et de ceux qui consultent avec avidité ces prétendus savants , comme s’ils pouvaient leur apprendre quel sera leur sort ?
