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LES ouvrages du premier jour, ou plutôt du jour ( car ne lui ôtons pas la dignité qu'il a reçue du Créateur , qui l'a fait à part, et ne l'a pas compte en rang avec les autres ) , les ouvrages créés en ce jour ont fait le sujet du discours d'hier , que nous avons partagé pour nos auditeurs en deux instructions , dont l'une a alimenté leurs âmes le matin, et l'autre les a réjouies le soir: nous allons passer maintenant aux spectacles du second jour. Je parle ainsi en faisant attention, non aux talents de l'orateur, mais à la beauté des Ecritures qui sont naturellement propres à être reçues avec plaisir, à flatter et à gagner les coeurs de ceux qui préfèrent la simple vérité à toute la pompe de l'éloquence humaine. Le psalmiste voulant présenter avec force cette douceur et cet agrément de la vérité, s'exprime ainsi : Que vos paroles sont agréables à ma bouche ! leur douceur l'emporte sur celle du miel. Hier donc, autant qu'il était possible, nous avons réjoui vos âmes en les occupant des paroles de Dieu ; nous nous sommes rassemblés aujourd'hui, un second jour , pour contempler le spectacle qu'offrent les ouvrages du second jour. Je n'ignore pas que la plupart de ceux qui m'écoutent sont appliqués à des arts mécaniques , et livrés à des travaux dont ils tirent leur subsistance journalière. Je suis obligé, à cause d'eux, d'abréger mon instruction , pour qu’ils ne soient pas éloignés trop longtemps de leur travail. Que leur dirai-je ? sans doute que la partie du temps qu'ils prêtent à Dieu n'est point perdue, mais leur est. rendue avec un ample intérêt. Le Seigneur écartera tous les accidents qui peuvent être un obstacle à leurs occupations ; il récompensera ceux qui préfèrent à tout les choses spirituelles , par la force du corps, par l'ardeur de l'esprit, par un succès facile dans les affaires, et par la prospérité dans tout le cours de la vie. Mais quand même ici bas vous ne réussiriez point selon vos espérances, la doctrine de l’Esprit-Saint est du moins un trésor pour le siècle futur. Bannissez donc de vos coeurs tout soin de la vie, et donnez-moi votre attention toute entière. Car à quoi me servirait que vos corps fussent présents, si vos coeurs étaient occupés d'un trésor terrestre ?
