VI.
Cette vertu, cette disposition de la Sagesse divine nous est révélée par les Ecritures, sous le nom de la Sagesse. Quoi de plus sage, en effet, que la Raison de Dieu ou son Verbe? Ecoute donc aussi la Sagesse comme seconde personne créée. Je lis d'abord: «Dieu m'a possédée au commencement de ses voies. Avant ses œuvres j'étais: j'étais avant qu'il affermît la terre, avant qu'il posât les fondements des montagnes, avant les collines, il m'a engendrée;» c'est-à-dire en me créant et en m'engendrant dans sa pensée. Tu vas la voir ensuite assister le Seigneur, preuve qu'elle est distincte de lui. «Lorsqu'il étendait les cieux, j'étais auprès de lui. Lorsqu'il entourait l'abîme d'une digue; lorsqu'il suspendait les nuées, lorsqu'il fermait les sources de l'abîme; lorsqu'il donnait à la mer des limites que les eaux ne dépasseront pas, j'étais là disposant avec lui; j'étais tous les jours ses délices, me jouant en lui-même.» En effet, aussitôt que Dieu voulut réaliser dans leurs substances et dans leurs espèces les choses qu'il avait disposées au fond de lui-même avec sa Raison, sa Sagesse, son Verbe, il engendra ce Verbe infiniment bon, qui renfermait indivisibles en lui-même la Raison et la Sagesse, afin que l'universalité des êtres fût créée par celui en qui ils avaient été conçus et disposés, disons mieux, en qui ils étaient déjà réalisés dans la pensée de Dieu. Que leur manquait-il réellement? Rien, sinon d'être connus et visibles dans leurs substances ainsi que dans leurs espèces.
