6.
Une seconde fois ils envahirent Alexandrie, me cherchant pour me tuer, et ce fut une guerre plus cruelle que la première. Tout à coup des soldats cernèrent l’église, et, au lieu des prières, on entendait le bruit des armes. Puis, pendant le carême, arrive leur émissaire, Georges de Cappadoce, qui, instruit par de tels maîtres, ajoute à tant de maux. Après la semaine de Pâques, des vierges étaient jetées en prison, des évêques emmenés dans les chaînes par des soldats; on pillait les demeures et le pain des veuves et des orphelins; on faisait des descentes dans les maisons, on transportait la nuit les chrétiens, on mettait les scellés, les frères des clercs étaient en danger pour leurs frères. Suivirent de plus affreuses audaces. La semaine de la sainte Pentecôte, le peuple, après avoir jeûné, s’était rendu au cimetière pour prier; tous avaient horreur de la communion de Georges. A cette nouvelle, ce profond scélérat excite le chef militaire Sébastien, un manichéen et celui-ci, avec une troupe de soldats portant des armes, des épées nues, des arcs et des traits, se précipite en plein dimanche sur les peuples. Il ne trouve plus que quelques fidèles en prière: car la plupart s’étaient retirés à cause de l’heure; et alors furent commis les crimes qu’on devait attendre d’un agent des ariens. Il allume un bûcher, place des vierges près du feu et les force de dire qu’elles ont la foi d’Arius; les voyant victorieuses, sans souci des flammes, il les fait dépouiller et battre au visage, au point de les rendre méconnaissables.
