12.
En face de cette parole: « Le péché ne régnera pas en vous », prenez garde de vous attribuer à vous-mêmes la gloire de détruire en vous le règne du péché. Comptez uniquement sur Celui à qui un saint adressait cette prière: « Dirigez mes pas selon votre parole, et qu'aucune iniquité ne règne en moi1 ». Craignant donc que ces expressions: « Le péché ne régnera plus en vous ,» ne soulevassent notre orgueil et que nous n'eussions la témérité de n'attribuer ce bonheur qu'à nos propres forces, l'Apôtre ajoutait aussitôt : « Car vous n'êtes plus sous le règne de la loi, mais sous le règne de la grâce2.». Ainsi c'est la grâce qui détruit en nous le règne du péché. Dès lors gardez-vous de compter sur vous-mêmes, car alors le péché ne vous dominerait que plus tyranniquement. D'un autre côté, quand on nous dit que nous vivrons si, par l'esprit, nous mortifions les oeuvres de la chair, gardons-nous encore d'attribuer ce précieux résultat à notre esprit, comme s'il pouvait y parvenir par ses propres forces. Cette interprétation charnelle viendrait d'un esprit plutôt mort que capable de mortifier. Aussi l'Apôtre dit aussitôt : «Ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, deviennent véritablement ses enfants3 ». Appliquer son esprit à mortifier les oeuvres de la chair, c'est donc agir avec l'Esprit de Dieu, de qui seul nous vient la continence, sans laquelle nous ne pouvons ni enchaîner, ni dompter, ni vaincre la concupiscence.
