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Dieu, assurément, aurait pu créer l'homme impeccable; plais il trouva mieux de lui laisser le pouvoir de pécher s'il le voulait, et de ne pas pécher s'il ne le voulait pas. Pour lui-même, Dieu s'est réservé de proscrire le péché et de commander l'innocence, faisant de l'impeccabilité un mérite pour l'homme pendant cette vie, et une juste récompense après la mort. Telle est en effet la destinée qu’au ciel Dieu réserve à ses saints; pour eux le péché ne sera plus possible. C'est dans cet heureux état que se trouvent maintenant les anges; le saint amour que nous avons pour eux est exempt de toute crainte de les voir devenir des démons par le péché. L'homme juste, pendant sa vie, ne nous offre pas sans doute la même assurance ; mais nous croyons sans hésiter qu'au ciel nous serons tous impeccables. Si le Tout-Puissant sait changer en bien le mal même que nous commettons, de quels biens ne nous comblera-t-il pas quand il nous aura délivrés. de tous nos maux ! Le bon usage du mal pourrait être l'objet d'une dissertation aussi longue que spirituelle; mais elle n'entrerait pas dans le cadre que je me suis proposé ; et avant tout je veux éviter les longueurs.
