17.
Revenons donc au sujet qui noirs a amenés à cette digression. La continence est pour nous une nécessité, si nous voulons que notre coeur ne s'incline point: aux paroles mauvaises et aux excuses du péché. Nous savons aussi que cette vertu ne peut nous venir que de Dieu. Enfin, quel péché pouvons-nous éviter sans la continence, puisque, après l'avoir commis, il nous faut encore la continence pour étouffer ce funeste orgueil qui nous pousse à nous justifier nous-mêmes? C'est donc à tous ces points de vue que la continence nous est nécessaire pour résister au mal. Quant au bien, il me paraît être l'oeuvre d'une autre vertu, la justice. C'est ce que nous révèle ce passage d'un psaume : « Evite le mal et fais le bien ». Pour quel. motif? Ecoulons ce qui suit : « Cherche la paix et suis-la1». Or, nous aurons la paix parfaite quand-nous serons inséparablement unis à Dieu, et qu'en nous-mêmes nous ne surprendrons plus aucune résistance. C'est, aussi ce que le Sauveur- paraît vouloir nous faire comprendre par ces paroles : « Que vos reins soient ceints. et, vos lampes allumées ». Qu'est-ce que ceindre ses reins? C'est enchaîner ses passions, et c'est là l'œuvre de la continence. Avoir sa lampe allumée, c'est répandre autour de soi la chaleur et l'éclat des bonnes oeuvres, et c'est là le fruit de la justice. Le but lui-même nous en est révélé dans ce qui suit : « Soyez semblables à des hommes qui attendent leur maître à sa sortie des noces2 ». En effet, quand le Seigneur sera de retour, il nous donnera la juste récompense que nous aurons méritée, en résistant aux séductions de la cupidité et en obéissant aux impulsions de la charité. Alors nous régnerons dans une paix éternelle et parfaite, étrangers à toute atteinte du mal et inondés d'un bonheur infini.
