32.
Soit que nous combattions avec courage, pour ne pas succomber, soit même que parfois, aidés d'une généreuse inspiration ou d'une circonstance heureuse, nous remportions la victoire, rendons toujours grâces à Celui qui nous donne la continence. Souvenons-nous de ce juste, qui, au sein de l'abondance, s'écria un jour: « Rien ne pourra jamais m'ébranler ». Bientôt il reconnut qu'il avait été téméraire en s'attribuant à lui-même un don qui ne lui venait que du ciel. Lui-même nous en fait l'aveu, car il ajoute aussitôt : « Seigneur, c'est vous qui avez bien voulu donner la vertu à ma gloire; vous avez un instant détourné votre face, et j'ai été confondu1 ». La Providence, pour le guérir, permit qu'il fût un instant abandonné à lui-même, de crainte que, poussé par un funeste orgueil, il n'abandonnât son unique soutien. Dès lors, soit en ce monde, où nous avons toujours à lutter pour enchaîner nos vices et pour les affaiblir, soit au ciel, où nous cesserons d'avoir des ennemis, parce que nous jouirons d'une santé parfaite, toujours conformons-nous à cet avis salutaire : « Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneurs2 ».
Traduction de M. l'abbé BURLERAUX.
