CHAPITRE XVI. ÉGALITÉ ET ÉTERNITÉ DES PERSONNES DIVINES.
18. Repoussons également ceux qui prétendent que le Père seul est le Dieu éternel; que le Fils n'est pas né du Père, mais qu'il est formé par lui et tiré du néant, et qu'il n'a pastoujours été; que le Saint-Esprit est inférieur au Fils en majesté, et qu'il a été formé après le Fils; que les substances de ces trois personnes sont différentes comme le sont l'or, l'argent et l'airain. Ces hérétiques ne savent ce qu'ils disent, et les idées qu'ils se font sur les objets qu'ils ont accoutumé de ne voir qu'avec les yeux de la chair, ils les transportent sottement dans leurs discussions. De fait, c'est un grand travail pour l'intelligence de comprendre une génération qui se fait, non dans le temps, mais dans l'éternité ; de comprendre la charité et la sainteté établissant entre le Père et le Fils une union ineffable; oui, notre intelligence, fût-elle calme et parfaitement tranquille, a peine à s'élever jusqu'à ces mystères.
A plus forte raison sont-ils inaccessibles à ceux qui considèrent de trop près les lois de la génération humaine, et qui à ces ténèbres inévitables ajoutent encore l'obscure fumée que leurs luttes et leurs disputes de tous les jours ne cessent de répandre. Leurs âmes sont affaiblies par leurs attachements à la chair, semblables à ce bois imprégné d'eau qui, tout en brûlant, ne donne que de la fumée sans jamais jeter une flamme brillante. Cette comparaison s'applique exactement à tous les hérétiques.
