CHAPITRE XXI. LE CHRIST N'AVAIT PAS UN CORPS SANS AME.
23. Loin de nous encore ceux qui avancent que le Verbe divin n'a pris que le corps de l'homme. Cette parole : « Le Verbe s'est fait chair », ils l'interprètent en ce sens que l'Homme-Dieu n'a de l'homme que la chair, sans en avoir l'âme. Quelle erreur ! ils ne comprennent pas que si dans ces mots : « Le Verbe s'est fait chair », on n'a désigné que la chair, c'est que la chair seule pouvait se rendre visible aux yeux des hommes, pour le salut desquels Dieu s'était incarné. En effet, si comme nous l'avons démontré plus haut, on ne peut sans absurdité, sans indignité, dire que l'Homme - Dieu n'a pas eu l'esprit de l'homme, à plus forte raison est-ce le comble de l'absurdité et du sacrilège d'avancer que, privé de l'esprit et de l'âme humaine, il n'aurait eu en partage que la partie la plus vile et la moins noble même chez les animaux, je veux dire le corps. Mettons notre foi à l'abri de ces impiétés, et croyons fermement que le Verbe de Dieu s'est revêtu de l'homme tout entier et de l'homme dans son état de perfection.
