17.
Passons maintenant à la fameuse question de la résurrection du corps et de la chair. A ce sujet je crois devoir encore vous avertir, mon cher lecteur, qu'en écrivant j'ai toujours devant les yeux la crainte et les jugements de Dieu, et que vous devez entrer dans les mêmes dispositions en lisant cet ouvrage; car si la croyance est pure, et si Jean s'explique d'une manière qui ne laisse aucun sujet de douter de la sincérité de sa foi, je ne suis pas assez fou pour lui faire son procès sous de vains et spécieux prétextes, et pour me rendre moi-même coupable de calomnie, en voulant le l'aire passer pour hérétique. Lisez donc ce qu'il dit de la résurrection de la chair, et après que vous l'aurez lu et condamné (car je suis bien persuadé qu'on ne peut pas approuver une telle doctrine) suspendez votre jugement et attendez pour vous déclarer que vous ayez entièrement lu ma réponse; si vous n'en êtes pas satisfait, je consens que vous me regardiez comme un imposteur.
« Nous confessons; dit-il, que la Passion de Jésus-Christ, sa mort, sa sépulture (car ce divin Sauveur a bien voulu s'assujétir à tout cela) et sa résurrection sont réelles et véritables, et non pas chimériques et imaginaires; « qu'il est le premier-né des morts, »et qu'ayant tiré du tombeau les prémices de nos corps, il les a élevés avec lui jusque dans le ciel, afin de nous engager à fonder sur sa résurrection l'espérance de la nôtre. Car nous espérons tous ressusciter un jour de la même manière qu'il est ressuscité lui-même ; or comme il est ressuscité avec le même corps qu'il avait et qui a été mis dans le saint sépulcre, nous espérons de mime ressusciter, non pas avec des corps étrangers et fantastiques, mais avec les mêmes corps dont nous sommes revêtus et qui ont été mis dans le tombeau. Car selon l'apôtre saint Paul, « le corps comme une semence est maintenant mis en terre plein de corruption, et il ressuscitera incorruptible; il est mis en terre tout difforme, et il ressuscitera glorieux; il est mis en terre comme un corps animal, et il ressuscitera comme un corps spirituel. » Ce qui a fait dire au Sauveur « Mais pour ceux qui seront jugés dignes d'avoir part au siècle futur et à la résurrection des morts, ils ne se marieront plus; car alors ils ne pourront plus mourir, mais ils seront semblables aux anges, parce qu'ils sont enfants de la résurrection. »
Voici encore les détours qu'il prend et les équivoques dont il se sert dans un autre endroit de sa lettre, je veux dire à la fin de ses traités, pour décrire le terrible et pompeux appareil de la résurrection future, afin d'imposer par là aux ignorants. «Nous n'avons pas oublié, dit-il, de parler du second et glorieux avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, qui doit venir dans toute sa majesté juger les vivants et les morts; car il ressuscitera tous les morts, et les faisant paraître devant son redoutable tribunal, il rendra à chacun selon les oeuvres soit bonnes soit mauvaises dont le corps aura été l'instrument; couronnant ceux qui se seront servi de leurs corps pour vivre dans la chasteté et dans la justice, et condamnant ceux qui les auront plongés dans l'iniquité et dans de honteuses débauches. »
