53.
Les deux armées en étant venues aux mains, la cavalerie romaine sembla un peu plier, mais c’est en effet qu’elle se détournait de peur d’être enveloppée par celle des Palmyréniens, qui était la plus nombreuse. Ceux-ci ayant rompu leurs rangs pour poursuivre les fuyards, le stratagème des Romains leur réussit mal, car ils se trouvèrent les plus faibles et perdirent un si grand nombre de leur cavalerie, que l’espérance de la victoire n’était plus fondée que sur la valeur des gens de pied. En effet, ayant vu que la cavalerie des Palmyréniens avait rompu ses rangs pour poursuivre les fuyards ils l’attaquèrent dans le désordre où elle était, et en firent un grand carnage, tant avec les armes ordinaires qu’avec les bâtons et les masses des soldats de Palestine, qui ne contribuèrent pas peu au gain de la bataille. Les Palmyréniens ayant pris ouvertement la fuite, les uns furent écrasés par leurs compagnons et les autres tués par les Romains. La campagne fut couverte d’hommes et de chevaux, et ceux qui purent s’échapper se retirèrent dans la ville.
