30.
La vue des dangers dont l’empire était menacé de toutes parts porta Valérien à associer Galien, son fils, à la souveraine puissance. Comme il n’y avait point de partie dans son état qui ne fût remplie de troubles, il partit pour aller en Orient s’opposer aux Perses, et ayant laissé à son fils toutes les troupes entretenues en Occident, il l’exhorta à résister de tout son pouvoir aux Barbares qui le viendraient attaquer. Galien ayant remarqué qu’il n’y avait point de nation aussi formidable que celle des Germains, qui faisaient des irruptions continuelles sur les Celtes, qui habitent au bord du Rhin, résolut d’aller lui-même réprimer leur insolence, et donna ordre à d’autres chefs de s’opposer à ceux qui faisaient le dégât en Italie, en Illyrie et en Grèce. S’étant donc mis à garder le Rhin, tantôt il empêcha les Barbares de le passer, et tantôt il les combattit, lorsqu’il ne put leur en empêcher le passage. Mais parce qu’il n’avait qu’un petit nombre de troupes à opposer à une effroyable multitude, il ne trouva point d’autre moyen pour se délivrer de la perplexité où il était que de faire un traité avec le chef d’une de ces nations, qui s’opposa depuis aux irruptions des autres, et les empêcha de passer le Rhin.
