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Les affaires d’Italie et de Pannonie étant en cet état, il prit envie à l’empereur de mener une armée contre les Palmyréniens qui étaient déjà maîtres de l’Egypte et de l’Orient jusqu’à Ancyre, ville de Galatie, et qui méditaient de s’emparer de la Bithynie, jusqu’à Chalcédoine, si les habitants de ce pays-là n’eussent refusé de se soumettre au moment qu’ils surent qu’Aurélien était parvenu à l’empire. L’empereur s’étant donc avancé avec son armée jusqu’à Ancyre, la réduisit à son obéissance, puis Tyane et toutes les autres jusqu’à Antioche, où était Zénobie avec une puissante armée. Il se prépara courageusement au combat. Mais ayant remarqué que la cavalerie des Palmyréniens était plus avantageusement armée et plus expérimentée que la sienne, il plaça son infanterie nu-delà de l’Oronte, et commanda à sa cavalerie de n’en pas venir au mains avec celle des Palmyréniens qui était toute fraîche, mais de faire semblant de fuir et de se retirer, jusqu’à ce qu’ils vissent que les chevaux fussent las, et qu’ils ne les pussent plus poursuivre, tant à cause de l’excès de la chaleur que de la pesanteur des armes. La cavalerie romaine attendit, suivant cet ordre de l’empereur, que les Palmyréniens fussent las et comme immobiles, et alors, ayant tourné bride, ils les renversèrent; écrasèrent les uns sous les pieds de leurs chevaux, et percèrent les autres avec leurs épées.
