55.
Les assiégés se défendirent vaillamment dans l’espérance que la disette des vivres obligerait les assiégeants à se retirer. Mais quand ils virent qu’ils continuaient le siège, et quand ils se sentirent eux-mêmes pressés par la faim, ils résolurent de s’enfuir vers l’Euphrate, et d’implorer le secours des Perses. Ayant pris cette résolution, ils mirent Zénobie sur un chameau qui surpassait les chevaux en vitesse, et l’emmenèrent hors de la ville.
L’empereur, fâché qu’elle lui fût échappée, envoya avec sa diligence ordinaire de la cavalerie la poursuivre. Ceux qu’il avait envoyés, l’avant trouvée qui s’était déjà embarquée sur l’Euphrate, la lui amenèrent. Il eut beaucoup de joie de la voir entre ses mains. Cette joie-là fut néanmoins tempérée par la pensée que la prise d’une femme n’était pas un exploit digne de son ambition, ni qui pût rendre son nom fort célèbre à l’avenir.
