DISCOURS SUR LE PSAUME XCVIII.
SERMON AU PEUPLE.
LE RÈGNE DE JÉSUS-CHRIST.
Le Christ annoncé dès le commencement par les Prophètes a régné quand on a commencé à le prêcher après sa résurrection. Le monde alors prit parti pour l’idole, il tua dans les martyrs cette chair qui doit ressusciter, mais non l’âme qui est couronnée, tandis que l’idole a disparu. Le Seigneur s’est donc fait homme et il a régné, il s’assied sur les chérubins ou sur la plénitude de ta science, et en toi, si lu as la science de la loi par la charité. Or, ces peuples frémissants ont été vaincus par la prière de l’Eglise qui les a absorbés; prions pour ceux qui sont demeurés dans l’aveuglement, afin qu’ils se tournent enfin vers Dieu, qui est mort pour eux, qui leur prêche dans sa miséricorde, qui oublie nos fautes, mais qui enfin nous jugera. C’est lui qui forme eu nous la justice, car si nous pouvons par nous-mêmes devenir malades, il faut le secours du médecin pour nous guérir. Il produit donc en nous le jugement qui nous rat discerner ce qui est bien, et la justice qui l’accomplit. Adorons l’escabeau de ses pieds ou cette chair en laquelle il s’est montré, qui fit éloigner les disciples quand il leur proposa de la manger, lui dont Moïse, Aaron et Samuel étaient les serviteurs, et à qui il parlait d’une manière figurée, corrigeant leurs affections, ou ce qui était imparfait. Car nous ne voyons en eux aucun châtiment extérieur, mais leur peine était de vivre avec les imparfaits. A mesure que nous avançons dans la piété, nous voyons l’ivraie autour de nous, mais ne l’arrachons pas. De même saint Paul souffre davantage à mesure qu’il avance dans la perfection. Adorons le Seigneur qui nous éprouve, adorons-le sur la montagne sainte, et dans cette pierre qui grandit et remplit toute la terre. Que nos paroles soient pour vous la pluie du Seigneur.
