DISCOURS SUR LE PSAUME CXLII.
SERMON AU PEUPLE.
LA PASSION DE JÉSUS-CHRIST DANS L’ÉGLISE.
David est ici la figure du Christ, et Absalon, la figure de Judas. Le Christ est né de la sainte Vierge ou de cette cité de Dieu que lui-même a fondée : de là cette femme vêtue du soleil, foulant aux pieds la lune ou la mortalité. C’est le Christ qui souffre en nous qui sommes ses membres, lui qui est un avec son Père, et un avec nous, qui l’avons revêtu. Judas, fils de l’Epoux, persécutait donc l’Epoux, ce qui existe encore aujourd’hui ; de là ces plaintes du Christ contre ses ennemis intérieurs. Souvenez-vous de moi dans votre justice, et non dans celle qui me viendrait de la toi, mais dans celle de la foi ; et n’entrez pas en jugement avec votre serviteur, qui se défie de ses oeuvres, puisque devant vous nul fils d’Adam n’est juste. Quiconque vous sert est votre ami, et vos amis, comprenant qu’ils avaient besoin de miséricorde, disaient tomme nous : « Remettez-nous nos dettes ». L’ennemi nous persécute, en nous détournant du ciel, en nous jetant dans les ténèbres, comme ceux qui sont justement condamnés à mourir ; mais comme le Christ n’avait rien en lui de répréhensible, il se plaint ici comme au jardin des Oliviers. Le Prophète médite les oeuvres de Dieu, afin d’en admirer plus parfaitement l’ouvrier, de qui nous vient tout bien qui est en nous ; car de nous-mêmes nous n’avons que la malice, et c’est Dieu qui opère en nous le vouloir et le faire. En voyant que tout bien me vient de Dieu, j’ai tendu mes mains vers vous ; car mon Orne a soif de vous, hâtez-vous de me donner le bonheur, car mon esprit s’est affaissé en moi. Ne détournez pas de moi votre face, comme vous l’avez fait quand l’étais orgueilleux, autrement je tomberais dans ces ténèbres où l’on n’a plus que le mépris. Je veux espérer en vous par la patience, vous chercher par de bonnes oeuvres et dans le secret. C’est dans les ténèbres que le pécheur cherche un refuge, l’homme contrit cherche en Dieu un refuge contre les princes du monde, qni entreraient en nous comme en Judas, recevant indignement le morceau de pain. Apprenez-moi à faire votre volonté, parce que vous êtes mon Dieu, mon héritage; c’est à vous de nous prescrire ce que nous devons faire, c’est vous qui nous sauverez à cause de votre saint nom.
