DISCOURS SUR LE PSAUME XCII.
SERMON AU PEUPLE
LE SIXIÈME AGE DU MONDE.
Le titre porte le sixième jour avant le sabbat, ou le jour de la création de l’homme, que Jésus-Christ est venu reformer au sixième âge du monde, de manière à nous conduire au véritable sabbat qui est le ciel. Il a consolidé la terre, ou les hommes dans la foi, et pour la consolider il s’est revêtu de beauté pour ses admirateurs, de force pour ses contradicteurs, de manière à prémunir les fidèles Contre les contradictions des hommes. Il s’est ceint par devant, c’est-à-dire qu’il a été humble, comme hie fit en se ceignant d’un linge pour laver les pieds à ses Apôtres. L’humilité est la pierre, d’autant plus solide qu’elle est plus abaissée. Mettre une ceinture devant nous, c’est résister à ceux qui nous insultent face à face, comme on disait à Jésus : Descends de la croix; car le courage est plus nécessaire. L’univers qui ne sera point ébranlé, c’est le froment que le van me chasse point de l’aire; l’autre, c’est la paille qui s’envole. Si donc nous ne pouvons nous séparer des injustes, séparons nous de leurs injustices. C’est là préparer un trône à Dieu, qui s’assied dans les saints ou les humbles, bien qu’il ait un trône éternel. Les fleuves ou les Apôtres ont élevé la voix quand l’Esprit-Saint a soufflé sur eux; la mer s’est soulevée contre eux, mais le Christ l’a calmée par sa victoire sur le monde : qu’il en soit béni à jamais.
