CHAPITRE XXVII. GLOIRE EXCELLENTE ET SPÉCIALE RÉSERVÉE AUX VIERGES.
27. Courage donc, enfant de Dieu,Jeunes gens et jeunes filles , hommes et femmes vierges; persévérez jusqu'à la fin. Louez le Seigneur avec d'autant plus de suavité que vous pensez à lui plus fréquemment; espérez d'autant plus heureusement en lui que vous le servez avec d'autant plus de constance; aimez-le avec d'autant plus d'ardeur que vous apportez plus de soins à lui plaire. « Les reins ceints et la lampe allumée, attendez le Seigneur à son retour des noces1». Aux noces de l'Agneau vous apporterez un cantique nouveau, que vous chanterez sur vos harpes. Ce cantique ne sera pas celui que chante toute la terre, à laquelle il est dit : « Chantez au Seigneur un cantique nouveau; que toute la terre chante le Seigneur2». Ce cantique, vous seuls pourrez le chanter. C'est vous qu'a vus dans l'Apocalypse ce disciple bien-aimé qui reposa sa tête sur la poitrine de son Maître, et y aspira à longs traits., pour les célébrer ensuite, les merveilles du Verbe de Dieu. Il vous a vus en nombre incalculable, chantant sur vos harpes la virginité sans tache dans le corps, et la vérité pure dans le coeur. Il a écrit de vous que vous suivez l'Agneau partout où il va3. Et où donc va l'Agneau, quand nul autre que vous n'ose ou ne peut le suivre?
Où va-t-il? Dans quelles forêts? Dans quels gras pâturages? Là sans doute où la joie surabonde, non pas cette vaine joie du siècle, ces mensonges insensé; non pas même cette joie que goûteront dans le royaume des cieux, ceux qui ne sont pas vierges; mais une joie différente de toutes les autres joies, la joie des vierges, joie de Jésus-Christ, en Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, après Jésus-Christ, par Jésus-Christ, pour Jésus-Christ. La joie propre aux vierges de Jésus-Christ, n'est pas la même que la joie des époux, qui pourtant appartiennent aussi à Jésus-Christ. Aux autres, d'autres joies, mais à personne une joie aussi grande. Plongez-vous-y, suivez-y l'Agneau, car la chair de l'Agneau est vierge aussi. En croissant, l'Enfant divin a conservé en lui-même ce trésor qu'il n'a ravi à sa mère ni dans sa conception, ni dans sa naissance. Il est donc vrai de dire que vous le suivez parla virginité du coeur et de la chair. En effet, qu'est-ce. que suivre quelqu'un, sinon l'imiter? «Jésus-Christ a souffert pour nous, nous donnant l'exemple, afin, dit saint Pierre, que nous marchions sur ses traces4 ». Chacun le suit dans ce en quoi il l'imite, non pas en tant qu'il est le Fils unique de Dieu, par qui tout a été fait, mais en tant qu'il est le Fils de l'homme, car c'est ainsi qu'il s'est posé comme modèle et a réalisé dans sa personne tout ce .qu'il nous est nécessaire d'imiter. Combien de choses pour tous à reproduire dans sa personne ! Quant à la virginité de la chair, elle n'est point donnée à tous, car elle est devenue absolument impossible à ceux qui l'ont une première fois perdue.
