CHAPITRE XLIII. LES VIERGES NE DOIVENT PAS SE PRÉVALOIR DU DON DE DIEU.
44. Quoique persuadé que c'est la grâce de Dieu qui l'a fait ce qu'il est, l'homme rencontre devant lui une autre sensation d'orgueil, celle de se prévaloir de la grâce même jusqu'à n'avoir que du mépris pour les autres. C'est le crime du pharisien, qui rendait grâces à Dieu du bien qui était en lui et en même temps se préférait au publicain, abîmé dans l'aveu de ses fautes1. Que doit faire une vierge? Que doit-elle penser pour ne point se préférer à ceux ou à celles qui n'ont point reçu le don de la virginité? Ce n'est point une humilité feinte qu'on lui demande, mais une humilité réelle ; feindre l'humilité, ce serait le comble de l'orgueil. Après ces paroles: « Plus tu es grand, plus tu dois t'humilier en tout», l'Esprit-Saint, voulant nous montrer que l'humilité doit être véritable, ajoute aussitôt : « Et tu trouveras grâce devant Dieu2 » ; lequel évidemment ne pourrait approuver une humilité menteuse.
