Chapitre XCIX.
Pendant que la mort répandait ses ravages, la race d'Ascénez fut purifiée en peu de temps ; les foudres des vengeances célestes retentirent auprès de tous les hommes, et l'ombre de la mort des péchés en enveloppa un très grand nombre ; comme il ne restait plus aucun objet qui excitât la colère du Seigneur, il nous épargna. Cependant j'étais comme un étranger dans ces temps de persécution ; j'habitais alors au milieu du pays de Gougar et de l'Ibérie, auprès du grand et prudent roi Adernersèh, qui était fixé dans ce canton et qui me traita avec honneur, hospitalité et libéralité. Malgré cela je m'ennuyais beaucoup, comme autrefois Israël sous les tentes de Cédar (Ketar) ; nous étions tristes et affligés de ne pas obtenir notre salut du Seigneur, qui s'était éloigné de nous. Après tous ces troubles et toutes ces divisions, on apprit que le grand patriarche de Constantinople, Nicolas (Nikola), m'avait écrit une lettre dont voici la teneur.
