Chapitre CXLV.
Lorsque l'ischkhan connut la teneur du message, il ne le jugea pas digne d'une réponse, mais il murmura en lui-même et se dit : Sa place est là, dans ma tente ; je m'avancerai vers lui avec mon épée, et j'irai promptement lui porter ma réponse à ses messages. Après qu'il eut dit cela, il rassembla une grande quantité de troupes, qui se montaient à plus de huit mille hommes, et il se porta en avant. Il fit ses dispositions devant la petite colline sur laquelle était placé le roi. Il ordonna à tous les fantassins de son armée de se couvrir de leurs boucliers, pour que cette vue produisît sur l'esprit de l'ennemi l'effet d'un rempart inexpugnable. Sur leurs derrières il plaça toute sa cavalerie. Ces troupes étaient parées de leurs armes et de leurs habillements. L'avant-garde, composée d'hommes qui se couvraient de leurs bouchers. et de cavaliers armés d'épées, s'avança et se porta du côté de la petite colline. L'aurore paraissait alors ; ses rayons éclatants se répandaient partout ; la multitude des hommes armés d'épées s'agitait, et on voyait briller les casques et les armures de bronze qui couvraient le dos, la poitrine, les épaules et les bras des combattants.
