Chapitre CLXXI.
Je me trouvai enveloppé de tous les côtés par le nuage de l'impiété ; mais reconnaissant tout d'abord les inconvénients d'une telle situation, je suivis une première inspiration pour parvenir à renverser ce qui était mal et pour remplir l'ordre du Seigneur. Nous prîmes immédiatement la fuite ; et quand nous eûmes échappé à nos persécuteurs, nous allâmes au palais des rois à Pagaran, auprès du roi Aschod. Nous étions comme les enfants de la sainte mère Sion, qui sont submergés ou dispersés par l'ouragan du midi et par la perfidie des infidèles. Au reste, le saint évêque de notre cour, Isaac (Sahak), à cause de ses infirmités et de sa faiblesse de corps, était resté dans le fort de Piourakan avec deux autres prêtres, les employés de l'église et les religieux solitaires. Leur exemple fut suivi par beaucoup d'autres personnes, soit parce que celles-ci n'auraient pu faire route assez vite ou qu'il nous avait été impossible de les amener avec nous, soit, s'il faut le dire, parce qu'elles s'offrirent à Dieu par leurs paroles, ce que le Seigneur avait prévu dans sa prescience. C'est pour cela qu'il rendait prochain pour ces fidèles le jour d'un combat honorable, qui devait être suivi de la victoire et leur mériter la couronne de la béatitude, ainsi que nous venons de le dire, en peu de mots, dans notre récit.
