Chapitre CXLII.
Cependant le roi Aschod, comme s'il eut achevé au gré de ses désirs tout ce qu'il avait à faire vers la ville de Tovin, revint sur ses pas, et s’étant dirigé vers le pays des Ibériens, il y fit sa jonction avec le roi d'Ibérie, Adernersèh. Leur dessein était de marcher ensemble contre l'ischkhan Gourgen, pour tirer chacun vengeance de la perfidie et des atroces méchancetés dont il s'était rendu coupable, comme des dévastations et des affreux ravages qu'il avait commis. L'autre roi Aschod et Abas, frère du fils du roi, ayant envoyé un message à Gourgen, se réunirent ; mais comme ils ne purent trouver un moment favorable pour livrer bataille dans une vallée très profonde, ils se fortifièrent dans une gorge couverte de bois. La vallée était tellement resserrée, qu'il leur était absolument impossible d'étendre au loin leurs courses. L'armée ennemie comptait dans ses rangs une telle multitude de troupes munies de boucliers, qu'elle semblait être un seul bouclier tourné contre eux. Une grande quantité des leurs tombèrent frappés par la flèche ou par l'épée. Alors on leur parla de soumission et de paix, et ceux qui avaient porté dans le pays le trouble et la dévastation allaient réparer tous les maux qu'ils avaient faits. Tandis qu'ils se préparaient à conclure la paix, il parvint au roi Aschod un avis qui arrivait de la province d'Oudie, et qui portait que son beau-père, l’ischkhan Isaac (Sahak), se disposait à entrer dans cette province, avec l'intention de la ravager cruellement et entièrement, de piller tous les endroits fortifiés de la contrée, de porter le butin dans le Dsoraph'or (Dsörötsp’hor) et dans les forts de sa principauté, de gagner ensuite lui-même le haut pays, et d'aller se fixer dans la province, du côté des montagnes.
