Chapitre LVII.
Quelques personnes avertirent Sempad de la perfidie qu'on tramait contre lui ; ce prince alors, pressé par la nécessité, rassembla beaucoup de trouves et en confia le commandement à ses fils Aschod et Mouschegh, et il leur recommanda de s'emparer des routes. Ils se mirent en marche et s'avancèrent jusque dans la province de Nig ; là ils aperçurent les troupes étrangères, qui étaient campées dans une plaine extrêmement unie, située aux pieds des montagnes. Le roi Gagig était avec elles. Quand ils virent cela, ils s'avancèrent contre l'ennemi ; et, bon gré malgré, ils se préparèrent au combat, ne prévoyant pas la trahison de celles de leurs troupes qui avaient été fournies par les habitants de la province d'Oudie, qu'on appelle les Sévortiens. Aschod et Mouschegh, pleins de courtage, s'avancèrent audacieusement avec les leurs sur le champ de bataille ; ils montraient la plus grande résolution afin de rendre le combat terrible, et ils se jetèrent sur leurs ennemis. Lorsque le combat commençait à s'échauffer, et que le ravage se répandait dans les rangs des deux partis, les troupes de l'Oudie vinrent aussitôt prendre position par derrière, et selon les désirs des ennemis ; ceux-ci virent réussir complètement leur perfidie. Comme Aschod était de ce côté avec sa troupe, il fiât contraint de battre en retraite, parce que les étrangers s'étaient immédiatement trouvés supérieurs en force. Mouschegh fut alors entouré par les ennemis ; il déploya une incroyable valeur en beaucoup d'endroits, jusqu'au point de causer de l’étonnement à tout le monde ; mais comme il était seul, il ne put résister à la multitude contre laquelle il combattait ; il fut fait prisonnier et amené devant l'osdigan, qui, devenu plus fort par cet événement, s'en réjouit extrêmement, et donna un grand festin à ses troupes.1
La défaite des troupes du roi Sempad, par suite de la défection du corps des Sévortiens de l'Oudie, eut lieu en 910. ↩
