Chapitre CLXXIX.
Le diacre Théodore n'était pas avec eux au moment de leur destruction, parce qu'auparavant, blessé par les flèches des ennemis, il avait été jeté aux morts et enterré. Malgré cela, les méchants ennemis demandèrent son corps pour lui couper la tête. Mais Théodore ne pouvait plus ressentir des douleurs ni endurer de mauvais traitements, lui qui, depuis l'âge de l'enfance, avait désiré avec ardeur de les supporter et de les voir amassés sur lui. Il eut aussi la tête tranchée, et la mort ayant imprimé son sceau sur le fidèle ami de la vérité et de la foi, il s'éleva jusqu'au Fils de Dieu. Après cela on tint conseil sur ce qu'il fallait faire à l'égard des guerriers du fort, et on résolut de les emmener dans un endroit d'un accès très difficile, pour les livrer au fer des Arabes, comme des brebis destinées au boucher ; mais ce ne fut point pour les infidèles une pâture capable de les rassasier. Ils coupèrent les têtes de leurs victimes, et les envoyèrent à l'osdigan, comme une marque éclatante de leur courage et de la gloire qu'ils avaient acquise. Tous les chrétiens, à l'heure de la mort, disaient :
