Chapitre CII.
Lorsque j'eus lu cette lettre, j'entrai, pour l'amour de Jésus-Christ, dans les intentions qu'elle exprimait : à cet effet je m'efforçai d'adoucir le roi d'Ibérie, et je parvins à obtenir de lui la promesse qu'il conclurait des traités de paix, d'amitié et d'alliance avec tout le monde, et particulièrement avec les ischkhans et les princes du pays des Arméniens et de celui des Ibériens, et qu'à cette occasion on se lierait réciproquement par un serment terrible. Après cela j'entendis les tonnerres de l'affliction et du malheur, qui tombaient sur le peuple de Dieu avec une violence extrême ; les larmes alors coulèrent de mes yeux comme des eaux abondantes, parce que je voyais que la méchanceté s'était élevée dans la maison du Seigneur, et que la sainteté de ce lieu avait été souillée par les infidèles. Lés prêtres du Seigneur soupiraient, et leur âme s'exhalait ; j'eus besoin de me ressouvenir du jour de mes douleurs et de ma séparation, et de rappeler le courage qui semblait s'être éloigné de mon cœur, parce que mes forces s'étaient affaiblies. Cependant, m'étant un peu réconforté et ranimé, je me mis en marche ; j'allai vers le pays de Daron, et ayant appelé auprès de moi les ischkhans et le peuple, mon cœur se dilata, et je trouvai une consolation pour mes chagrins et mes douleurs.
