Chapitre CLIII.
Le roi de Colchide qui répandait abondamment ses libéralités et qui aimait de cœur, reçut très bien tous ceux qui se joignirent à lui et les soutint de tous ses moyens. Il donna de grands secours à Amramnaïn ; et ayant rassemblé un nombre considérable de rapides cavaliers, qui étaient couverts de cuirasses de fer, qui inspiraient la terreur et qui avaient des cottes de mailles, de belles armures de fer, de forte boucliers, des armes ; des ornements magnifiques et des lances bien effilées, il mit ces troupes à la disposition du rebelle, afin qu'avec leur aide ce dernier pût tirer vengeance de ses adversaires. Amramnaïn organisa promptement son armée, puis courageusement se mit en route et s'avança comme un homme animé, qui, avec beaucoup de troupes, pense pouvoir rétablir bientôt toutes les affaires et arracher enfin, par la force, les armes des mains de l'ennemi. Mais cet Amramnaïn, qu'on appelait encore Tslik, et les guerriers qui s'étaient révoltés avec lui, après avoir réuni des forces et des secours de tous les côtés, s'arrêtèrent subitement et se fortifièrent dans des plaines couvertes de bois, du côté du fleuve Kour.
