Chapitre CXX.
Ensuite Aschod, sbarabied des Arméniens, retourna à cette époque vers l'osdigan Youssouf ; s'étant mis en marche, il entra dans la métropole Tovin. L'adroit osdigan avait alors imaginé un expédient très habile pour jeter l'épée de la division entre ses alliés et ses ennemis et pour rendre inutiles les projets qu'ils avaient conçus. Il mit une couronne royale sur la tête du sbarabied des Arméniens,1 et le ceignit d'une épée ; puis il le renvoya dans son pays afin qu'il s'élevât une violente dissension entre lui et le prince royal du même nom.
C'est aussi en 921 que l'osdigan Youssouf couronna roi d'Arménie, à Tovin, le sbarabied Aschod, fils de Schahpour (Schahbouèh) et cousin-germain du roi légitime d'Arménie, Aschod, fils du feu roi Sempad. Dans les chapitres suivants (CXXI et suiv.), Jean Catholicos évite la confusion qui pourrait naître de la conformité du nom et du titre de ces deux princes, en distinguant souvent le dernier par l'épithète de fils de roi, et, plus tard (ch. CXLVIII et suiv.), par le titre de roi des rois (Schahanschah), que lui conféra, au nom du khalife, l’osdigan Serpouk'h, successeur d'Youssouf. ↩
