Chapitre CLV.
On informa alors le roi Gagig de tout ce qui s'était passé, pour connaître son avis et l'engager à rapprocher tout le monde et à donner des conseils salutaires. Mais les ennemis du schahanschah conservaient toujours dans leur cœur une méchanceté implacable, qui les empêchait de donner les mains à aucun arrangement, et les faisait rester sourds aux vertueuses paroles qui disent : Employez tous vos efforts pour avoir la paix avec tous les hommes Alors, avec sa sagesse accoutumée, il plut à Gagig d'employer tous ses efforts pour réunir son voisin et ses proches ; il joignit à son amitié la sincérité, la douceur d'âme, la prudence, la soumission, et il promit enfin au ennemis des dons considérables. On offrit des présents à son cher frère Gourgen, aux nobles de sa principauté et à ceux qui lui étaient égaux en honneur, et on les engagea à traiter de la paix Mais quelques barbares et féroces ennemis du bien livrèrent plusieurs combats ou batailles aux peuples qu'ils voulaient placer sous leurs pieds. Cependant, à cause de la crainte et de la terreur qu'on avait de l'amirabied, et qui n'étaient pas légères, il punit convenable de s'arranger à l'amiable avec lui, parée qu'on était menacé par ce tyran et qu'on était instruit qu'il se préparait encore à nous foire souffrir des tribulations : la tranquillité de l'âme pouvait seule nous apporter des secours. La négociation fut entièrement terminée dans l'espace d'une année ; les fondements de la Sainte église ne furent pas ébranlés, et restèrent intacts. La paix, la tranquillité, l'édification et la piété se rétablirent tout naturellement dans notre pays. L'abondance et la fertilité s'y répandirent par la faveur divine, et chacun trouvait dans sa paisible demeure autant de sécurité que dans un port tranquille. A cause de la prudence que Gagig avait montrée dans ces arrangements, on célébra sa sagesse, tes courses et ses voyages, aussi bien que l'abondance et l'éloquence de ses discours.
