Chapitre LXVI.
Quand l'empereur romain Basile1 (Parsil) apprit l'état malheureux dans lequel nous nous trouvions, il réunit aussitôt beaucoup de troupes pour aller au secours du roi Sempad ; mais tandis qu'il s'avançait rapidement, le terme commun de la vie des hommes arriva pour lui, et il mourut. Il avait pour collègue à l'empire son frère Alexandre (Aghiek'hantr). Celui-ci, après la mort de Basile, vit éclater assez de troubles autour de lui, par la révolte de divers personnages, pour ne pouvoir venir nous secourir. Cependant les parents de notre roi les ischkhans, les gouverneurs, les princes, étaient menacés d'une mort cruelle par l'osdigan, selon ma prédiction. Les uns payaient un tribut, et les autres n'en payaient pais, selon qu'ils étaient proches ou éloignés ; ils se séparèrent encore plus du roi ; et par leurs services et par leurs conseils, ils servirent bien plus l'ennemi que lui. Ceux qui avaient été liés avec ce prince renoncèrent à son amitié et se joignirent à des adversaires ; ! d'autres avec arrogance se levèrent contre le roi Sempad, et fondirent sur lui en le couvrant d'opprobre pour exciter les Arabes à consommer sa perte ; ils firent comme autrefois on avait fait pour notre roi Tiridate.
Jean Catholicos commet l'erreur de désigner ici sous le nom de Basile l'empereur qui régnait à Constantinople. Plus haut cependant (ch. XXII et XLI) il le nomme Léon ; et on sait, en effet, que Basile, qui avait fait alliance avec Aschod, père du roi Sempad, et qui était mort le 1er mars 886, eut pour successeur, avec Alexandre, son fils putatif Léon VI, dit le Sage ou le Philosophe. Celui-ci entretint des rapports constants d'alliance et de bonne amitié avec le roi Sempad, et mourut en 911, lorsqu'il marchait à son secours. ↩
