Chapitre LXXXVIII.
Après cela on en prit de force encore d'autres, et on les amena malgré eux devant les juges ; on les interrogea ; on leur adressa beaucoup de supplications, d'exhortations et de paroles d'amitié ; on leur proposa des récompenses pour les déterminer à embrasser le culte de l'aveugle Mohamet, et à se montrer obéissants. Eux ne donnèrent pas aux juges, en cette circonstance, une réponse digne d'être écrite ; ils répondirent seulement avec leur esprit ; ils s'entretinrent avec Dieu par leurs cœurs ; ils se montrèrent fidèles à la justice, et, avec leur bouche, ils confessèrent le Sauveur. Alors ils furent frappés sur les épaules par les ennemis ; on leur donna des soufflets sur les joues et de violents coups sur la nuque ; on les maltraita, on les malmena ; enfin on les conduisit à la distance d'un appariez pour les tuer, et on en fit une troupe sainte. Quand ils furent arrivés au mur qui environnait la ville, et qu'ils se trouvèrent tous réunis, un bourreau armé d'une épée les fit périr par le glaive.
