Chapitre CLX.
Le roi Gagig fut averti avec la plus grande promptitude de cet événement et de l'arrivée de Youssouf. Aussitôt il mit tout en ordre dans le pays sur lequel il régnait ; il prit la fuite, emportant avec lui le choses les plus précieuses et emmenant ceux qui lui étaient attachés ; il alla se fortifier dans les gorges des montagnes de Gogovid (Kokovid) et de Dsaghgodn, et il tâchait de se consoler des maux qu'il avait soufferts : Que nous soyons, disait-il, délivrés de terreurs et des craintes ; que le peuple de Jésus-Christ ne tombe pas dans les mains des oppresseurs ; qu'on ne le donne point pour pâture au fer des Arabes, qui sont semblables aux bêtes féroces ; que la croyance des chrétiens ne soit pas abandonnée à la fausse doctrine de la race d'Agar ! Il se tenait caché dans des endroits d'un accès difficile, avec son frère Gourgen, avec sa milice noble, ses troupes de cavalerie, ses armes, ses ornements, ses lances acérées, et l'on ne cessait pas un instant de faire bonne garde.
